dimanche 15 janvier 2017

La maison des enfants - Charles Lambert

Morgan Fletcher, un homme défiguré, vit reclus dans un manoir, héritier d'une fortune aux origines mystérieuses. Il passe ses journées à étudier les livres de la bibliothèque que son grand-père a patiemment rassemblés. Un jour, arrivent Moïra et David, deux jeunes enfants orphelins qu'il recueille. Puis d'autres enfants arrivent régulièrement, on ne sait trop d'où, mais que Morgan laisse également s'installer. Tous vivent en bonne harmonie et les enfants sont sous la garde d'Engel, la gouvernante de Morgan. Ces enfants, toutefois, semblent chercher quelque chose avec détermination dans la maison. Pourquoi sont-ils là ? Que veulent-ils ? David semble connaître bien des choses et est bien plus mûr que son jeune âge le laisserait supposer. Et quel est ce masque de cire que David donne parfois à Morgan qui retrouve alors un visage humain ? A partir du jour où Moïra disparaît, Morgan va peu à peu, avec l'aide du Dr. Crane, s'aventurer hors de son domaine, jusqu'à se rendre à l'usine dont il est l'héritier mais qui est dirigée par sa sœur. Là, ils y découvriront de bien étranges choses.

source: renaud-bray.com
Voici un livre étrange, dont l'histoire est assez longtemps mystérieuse - qui sont ces enfants ? Les événements se suivent, ne se ressemblent pas mais sont un peu bizarres, plein de sous-entendus, de latence. A cet égard, l'écriture est très réussie. Ce n'est que lorsque Morgan se rend à l'usine que le lecteur commence à mieux comprendre cette histoire qui mélange Histoire, fantastique, "conte". Un roman qui tire vers le gothique mais s'achève, à mon sens, sur une petite note d'inachevé. Le quatrième de couverture fait un rapprochement avec le film Les autres; personnellement, je ne l'ai pas vu - ou alors je n'ai pas "compris juste" où voulait en venir l'auteur.

Les enfants commencèrent à apparaître peu après l'arrivée d'Engel dans la maison. C'est elle qui trouva la première, encore nourrisson, une petite fille dans un couffin, avec un ballot d'habits lavés de frais et pliés avec soin. (p. 9) 

Quelques jours plus tard, David rapporta le visage de cire à Morgan en lui annonçant qu'il était temps qu'ils aillent chercher Moïra. Morgan secoua la tête, nerveux. "Je ne veux pas, répondit-il, d'une voix qui lui parut étrangère.
- Cela ne fait pas de différence, répliqua David. L'heure est venue. Si nous n'y allons pas maintenant, nous raterons notre chance. Allons", dit-il en tendant le masque à Morgan. On aurait dit qu'il avait compris qu'au fond l'homme rêvait de le porter de nouveau - malgré lui, il eut un long sourire entendu, et sa main ne trembla pas. Morgan prit le visage, souple et fin comme de la soie, plus doux au toucher que dans son souvenir, plus semblable à de la peau. Il le leva à hauteur de ses yeux, et le masque parut se mouveua seul pour venir se sceller à son crâne, y adhérant d'aussi près que s'il s'était agi de son vrai visage. (p. 153)

Une lecture mi-figue mi-raisin mais un auteur que je note quand même, car j'ai bien aimé son écriture.
source: The literary sofa
Charles Lambert (né en 1953) est diplômé de Cambridge. Il vit depuis en Italie depuis 1980. Après de la poésie et des essais, il a publié son premier roman en 2008.

(éd. Anne Carrière, traduit de l'anglais par Marie de Prémonville, 234 pp., 2016)

dimanche 8 janvier 2017

Le dragon du Muveran - Marc Voltenauer


Le Grand Muveran - source : site Internet de Gryon

A Gryon, un petit village des alpes vaudoises, le cadavre d'Alain Gautier, un promoteur immobilier, est retrouvé nu et mutilé sur l'autel du temple. A côté, un extrait de la bible : "Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres." C'est la Erica Ferraud, la pasteur, qui découvre le corps de cet homme qui était avec elle à l'école. La population est en émoi et les inspecteurs Andreas Auer et Karine Joubert sont dépêchés sur place. Les choses ne s'arrangent pas lorsque, quelques jours plus tard, un second cadavre est découvert dans la fontaine à côté du temple. A nouveau énucléé et le cœur transpercé. La victime faisait des affaires avec la première et le mode opératoire du crime est le même. Rapidement, l'inspecteur Auer découvre que, dans ce petit village en apparence si tranquille, plusieurs habitants ont des choses à cacher. 

Passionnant ! Franchement, j'ai été surprise en bien, en très bien, même ! J'avais bien sûr entendu parler de ce roman à sa sortie mais également lu de bonnes comme de très mauvaises critiques. Et comme c'est un pavé (et je ne suis pas fan à cause des (quasiment) inévitables creux), je ne m'étais pas laissée tenter. Alors lorsque ma sœur me l'a offert à Noël, j'étais contente mais quand même un peu dubitative, je l'avoue, en lisant la toute première phrase : "L'homme qui n'était pas un meurtrier se tenait sur la terrasse de son chalet d'alpage". On comprend tout de suite que le roman va alterner les points de vue du meurtrier et des enquêteurs, mais le fait de déclarer d'emblée son meurtrier comme se considérant non-meurtrier mais plutôt comme un "justicier" (c'est moi qui utilise ce terme), j'ai trouvé cela un peu bizarre.

La magie a pourtant fonctionné dès les premières pages, car j'ai beaucoup aimé le style simple, les phrases et les chapitres courts, nerveux et incisifs qui maintiennent le suspens jusqu'au bout. Car qui dit efficace ne dit pas forcément sans profondeur. Ici, j'ai beaucoup apprécié le lien avec la théologie, l'enfance, les magouilles immobilières (pour contourner la lex Weber sur le taux de résidences secondaires). J'ai apprécié aussi les descriptions des personnages et des décors et, oui, je l'avoue, aussi le fait de lire un roman policier qui se passe "chez nous".

Une personne apparaît encore et encore dans cette enquête. Maurice Fournier. Je pense qu'il est temps d'aller rencontrer notre amical conseiller municipal, suggéra Karine.
- Je suis d'accord. Surtout après ce que Julie Berthoud m'a raconté tout à l'heure !
- Vas-y, crache le morceau !
- Elle a assisté à une scène entre Maurice Fournier et Alain Gautier. C'était jeudi dernier, Fournier était venu sans rendez-vous. Selon Julie Berthoud, il avait l'air agacé. Elle a entendu le ton monter entre les deux hommes, mais n'a pas pu comprendre ce qu'ils se disaient. Il est ensuite sorti, après une dizaine de minutes, en claquant la porte.
- De mieux en mieux. Mais pourquoi n'a-t-elle rien mentionné ce matin ? Et pourquoi Mme Pitou n'a-t-elle rien raconté non plus ?
- Marie Pitou s'était absentée avec des clients pour visiter un chalet. Son assistante lui a relaté les faits lorsqu'elles ont appris la mort de Gautier et sa cheffe lui a ordonné de ne pas en parler à la police. Elle ne veut pas d'histoires. "C'est assez compliqué comme cela", lui aurait-elle déclaré. (p. 150)

J'ai toutefois quelques réserves sur la description du personnage principal, en réalité sur sa tenue vestimentaire que je me suis dépêchée d'oublier une fois lue (genre cow-boy). Sur le fait qu'il apprécie le bon vin, le bon whisky, un bon cigare; j'ai trouvé cela un peu trop. Et, en plus, son compagnon a étudié la théologie, ce qui lui rend bien service, pour le coup. Mais j'ai quand même aimé le personnage - sinon, je n'aurais pas poursuivi ma lecture. A la fin, le lien avec une vieille affaire aux États-Unis m'a aussi semblé de trop; à mon sens, les choses auraient pu se conclure de manière plus simple et sans autant de rebondissements - là, j'ai pensé à l'Allemande Nele Neuhaus qui, à mon avis, complique aussi beaucoup trop ses dénouements.

Bref, un roman que je vous recommande vivement et un auteur que je relirai avec plaisir - apparemment, un second volume est en cours de rédaction. Par contre, je ne propose pas d'envoyer mon exemplaire à qui serait intéressé, car ma sœur me l'a fait dédicacer :-)

source: site éditeur (suisse)

Marc Voltenauer (né en 1973) a découvert les romans policiers grâce à sa mère Birgitta, d'orginie suédoise. Je le crois volontiers lorsqu'il cite Camilla Läckberg parmi ses influences - le fait de prénommer la pasteur Erica est certainement un clin d’œil au personnage fétiche de l'auteur suédoise. Après des études de théologie, il travaille dans le domaine bancaire. Commencé en 2012 après un voyage autour du monde, son roman trouve tout de suite un éditeur. Pour d'autres infos et des "teasers", allez donc jeter un œil sur son site : Marc Voltenauer

(éd. Plaisir de Lire, 660 pp., 2015)

lundi 2 janvier 2017

Mistletoe and murder - Robin Stevens

source : amazon.co.uk

A la recherche d'un "cosy Christmas murder" pour les vacances, je suis tombée sur ce titre lors d'une recherche sur Goodreads. Il s'agit du cinquième volume de la série "A murder most unladylike mystery" qui met en scène deux amies de quinze ans, Daisy Wells et Hazel Wong. Même sans commencer par le premier tome - je voulais la période de Noël ! -, je m'y suis facilement retrouvée dans les liens entre les personnages, leurs vécus. D'autant qu'il y a une liste des protagonistes et des cartes des lieux - un charme en plus pour le livre.

Années 30. Les deux amies sont dans le même internat. Daisy est issue d'une bonne famille, elle est décrite comme grande, jolie fille, vive et intrépide, voire parfois inconsciente du danger. Hazel est d'origine chinoise et a été envoyée en Angleterre pour ses études par sa famille qui vit à Hong Kong (alors colonie britannique). Plus posée et prudente, plus dans la réflexion que l'action. Décrite comme petite (ce dont elle se désespère), elle ne se trouve pas particulièrement jolie - du moins se considère encore comme une "fillette" alors que Daisy est déjà plus "jeune fille". Hazel est aussi celle qui raconte leurs aventures.

A l'approche de Noël, les deux filles se rendent pour quelques jours de vacances à Cambridge où Bertie, le frère aîné de Daisy y étudie l'histoire depuis peu. Elles logent chez la grande-tante Eustacia, professeur de mathématiques à St. Lucy, un des collèges réservés aux filles. A peine arrivées, elles flairent un mystère : la tension évidente entre les jumeaux Donald et "Chummy" (Charles) Melling; Donald étant l'aîné, c'est lui qui héritera prochainement de la fortune familiale. Pourtant, c'est son frère qui "le régente". Et puis, pourquoi Donald a-t-il été plusieurs fois récemment victime "d'accidents"; est-il vraiment si maladroit que ses amis le prétendent ? Décidées à découvrir ce qui se cachent là-derrière, les deux filles décident d'enquêter. Mais nous sommes dans les années 30 et les différences hommes/femmes sont encore fortes, notamment dans l'accès aux différents collèges. Elles font donc équipe avec les "Junior Pinkertons" un autre club de détectives de leur âge, formé d'Alexander, un jeune Américain, et George, un Indien qui, tout comme Hazel, a été envoyé dans un internat anglais.
source: wikimedia
L'intrigue est assez intéressante mais j'avoue que ce qui m'a surtout plu, ce sont les thèmes que Robin Stevens pose grâce à l'époque de ses intrigues : différences hommes/femmes, accès aux études (à l'époque, les femmes pouvaient étudier à Cambridge mais sans la possibilité d'obtenir un diplôme), racisme et "immigration", conventions sociales.
Robin Stevens en visite à Moreton Hall, Angleterre / source: moretonhallprep.org
Robin Stevens est Américaine mais a grandi à Oxford. Lectrice d'Agatha Christie et de Colin Dexter (entre autres) depuis l'adolescence, elle obtenu un master universitaire sur la littérature policière.

(éd. Penguin, Puffin books, 343 pp., 2016)

jeudi 29 décembre 2016

The Prince George diaries - Clare Bennett

"Very funny and clever. Best diary of a two-year-old I've read this year." / Hugh Grant

Voilà qui donne envie, n'est-ce pas ? Enfin, avec moi, ça marche ;-D
source: site éditeur

Il s'agit donc du journal intime du petit prince George durant l'année précédent la naissance de sa petite sœur Charlotte. C'est drôle et toute la famille royale est épinglée sur ces petits travers. William est un peu le benêt ébloui par tout ce que dit et fait Kate. Celle-ci, enceinte, passe son temps allongée par terre ou a de drôles d'envies alimentaires (merci les nausées matinales). Les deux se bagarrent sur le programme TV et les séries (Downton Abbey, notamment). Le prince Charles parle à ses fleurs, Harry est le luron de service, et les tête-à-tête entre la reine Elizabeth et David Cameron sont hilarants (le premier ministre ne pense qu'à manger). Et le petit prince ? Déjà très sûr de lui, il a sa propre équipe pour le coacher et, même s'il ne parle pas encore, il sait déjà bien faire comprendre ce qu'il veut. Entre autres, qu'il n'a pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds par Ringo - le nom du bébé à venir dont le sexe est encore inconnu.

Je suis une grande fan de la Grande-Bretagne et, oui, aussi de la famille royale. Ce que j'ai apprécié ici, c'est que la critique n'est jamais méchante mais drôle - on sourit devant les caricatures si bien retranscrites de chaque personne / personnage.

6th December
Today we had lunch at HQ because GG (la reine) had a question to ask everyone.
"We're going to start work on my Christmas speech soon", she announced to the table. "Does anyone have any suggestions for what I shoud talk about ?"
"I do", Uncle Harry said. "And I'm glad you've raised this, actually, Lilibet, because it's been bothering me for some time."
"Go on", GG said
"Is the Christmas number one really going to be an X Factor winner again this year ? And if so, what does this say about us as a nation ?"
"Not quite what I had in mind, but..." GG said. "Anyone else ?"
"I've got something, Mummy", Goonie (le prince Charles) said. "Are we showing enough appreciation for our gardens ? (...)
"Hmmm..." GG said. "And what about you, Camilla ?"
"How about a joke this year ?" GaGa said. "I've always think a speech should have a few laughs in it." (...)
"Yes", GG said brightly. (...)
"You could mention how pleased we are that Lady Edith seems to be heading towards happiness in Downton now that she can finally be a mother to Marigold", Daddy said. "It's been very unifying for the country."
"Or how important it is to support the arts", Mummy said. "We need to show One Direction that we appreciate all their hard work."
"Well, this has all been terribly useful", GG said. "And I shall make a note of all of it".
GG is not going to make a note of any of it. (pp. 119-20)

On n'en lirait pas des pages et des pages mais c'est une lecture détente qui, si elle n'est pas indispensable, reste bien agréable. Si vous ne lisez pas l'anglais, l'ouvrage a été traduit par les éditions Autrement.

Clare Bennett travaille pour la radio, le cinéma et le magazine Tatler.

(éd. Penguin, 290 pp., 2015)

mercredi 28 décembre 2016

Quelques minutes après minuit - Patrick Ness

D'après une idée originale de Siobhan Dowd

source: site éditeur

Depuis quelques temps, en fait que sa mère est malade d'un cancer, Conor, treize ans, fait d'horribles cauchemars - quelques minutes après minuit. Un monstre sous la forme d'un if lui apparaît et lui répète "je suis venu te chercher". Mais Conor, n'est rapidement plus effrayé et le monstre conclut un pacte : il lui racontera trois histoires, puis ce sera au tour de Conor de lui raconter son histoire. Ses parents sont divorcés, et Conor n'a pas vraiment d'amis à l'école; c'est un garçon solitaire mais qui ne veut pas être le centre de l'attention des autres sous prétexte de la maladie de sa mère et des moments difficiles qu'il vit. Sa relation à sa grand-mère maternelle est également difficile.

Dans ce roman jeunesse, l'Américain Patrick Ness (né en 1971) s'est basé sur une histoire commencée par l'écrivain anglaise Siobhan Dowd (1960-2007). C'est chez Moka que j'ai repéré ce roman dont elle a parlé de manière plus que tentatrice à fin octobre. Lien direct vers sa chronique : Moka = Au milieu des livres - Quelques minutes après minuit

J'ai adoré ! L'éditeur indique sur son site que les enfants dès 12 ans peuvent le lire mais c'est tout à fait intéressant et prenant pour les adultes aussi. Ce n'est en effet ni mièvre ni une écriture "simpliste". Je ne suis pas forcément fan non plus des contes mais ceux inclus dans le roman servent à l'intrigue qui est vraiment intéressante. J'ai aussi apprécié que les thèmes abordés le soient sans pathos : relation mère/fils, père/fils, grand-mère/petit-fils, relations à l'école, la maladie, la mort, la peur. 

Et, pour ne rien gâcher, le roman comprend de magnifiques illustrations de Jim Kay (illustrateur anglais).
source: monsterbrains.blogspot.ch

Bref, à ajouter sur vos listes de lecture !

J'ai lu ce roman à mi-novembre et, depuis, j'ai vu qu'il a été adapté au cinéma. Je n'irai pas voir le film, j'ai trop aimé le livre.

Le billet de Cécile : Cécile's blog / Quelques minutes après minuit

(éd. Gallimard, traduit par Bruno Krebs, 224 pp., 2012)

lundi 26 décembre 2016

Le porteur d'histoire - Christophe Gaultier

D'après la pièce de théâtre d'Alexis Michalik

source: bdzoom.com

Offert hier soir par une de mes sœurs, et, ni une ni deux, déjà lu. Il faut dire que l'histoire est totalement addictive et prenante !

J'ai pourtant eu peur en lisant la première ligne : "Quelque part en Algérie, 2001". Ben oui, parce que moi, à part que l'Algérie est une ancienne colonie française, je dois avouer une ignorance crasse de l'histoire de ce pays. Mais les lignes suivantes m'ont tout de suite beaucoup plu, car elles sont tellement vraies : 

Qu'est-ce que l'Histoire avec un grand H ? L'Histoire, c'est notre mémoire commune, notre identité. C'est ce qui nous définit en tant qu'êtres humains. Pour nous tous, l'Histoire est concrète, écrite, immuable. Il y a des dates et des événements dont on est parfaitement sûr. On les a appris, à l'école ou dans un livre, et on sait, on en mettrait sa main à couper, que ces dates sont exactes... (...) Et dans tout récit historique, il y a, comme son nom l'indique, une part de récit. (...) L'Histoire ne peut donc pas être absolument objective; elle est mouvante, elle évolue, s'estompe et s'enrichit. Notre identité, notre passé, tout ce qui nous définit n'est qu'un récit. Tout notre passé est une fiction. Ensuite, qu'est-ce qu'une histoire ? Une petite histoire. Ce sont des mots, du vent, de l'air en vibration. Ce n'est rien du tout. (pp. 5-8)

Débute alors l'histoire proprement dite, celle de Martin Martin qui se retrouve en mai 2001 en Algérie où il rencontre Alia et sa fille Jeanne qui vivent dans une maison avec une bibliothèque qui contient quelques trésors, dont un incunable. Et Martin commence à leur raconter une histoire; son histoire qui commence treize ans plus tôt, en mars 1988 dans les Ardennes où il se rend à la suite du décès de son père. Un père qu'il n'a plus vu depuis une dizaine d'années.

Dans son histoire s'emboîteront, de fil en aiguille, d'autres histoires qui feront remonter dans le temps le lecteur et qui, au final, formeront une seule histoire. Des histoires qui se mêlent à l'Histoire et dans lesquelles on croisera Dumas, Delacroix et d'autres.

Bref, vous l'aurez compris, le récit m'a enchanté.
source: bdzoom.com

Le point faible de cet album est, pour moi, clairement les dessins dont je ne suis pas fan. Ma sœur m'a fait remarquer le fait qu'on voit bien les crayonnés - c'est vrai et cela me plaît. Non, ce que je n'aime pas, ce sont les traits trop "gras", les contours noirs trop larges, une certaine raideur dans les postures des personnages. Le graphisme étant quelque chose d'essentiel pour moi lorsque je lis une BD ou un roman graphique et qu'il faut absolument qu'il me plaise pour que je choisisse le livre, disons simplement que je n'aurais pas choisi cet album sur ce simple critère. Mais, en même temps, j'aurais eu tort, c'est évident ! Donc merci à ma sœur :-)
Cela dit, il y a quand même de belles cases, et la couverture du livre est très belle. Et, en visitant le site de Gaultier (lien ci-dessous), j'ai vu d'autres dessins dans le même style qui me plaisent beaucoup. En fait, je crois que ce qui me dérange ici, c'est le format trop petit des cases pour son trait. L'appréciation qu'on peut avoir du rendu d'un album étant très personnel, chacun pourra se faire sa propre opinion. 

Christophe Gaultier - source: 2dgalleries.com

Christophe Gaultier (né en 1969) a étudié la communication visuelle puis travaillé dans l'animation avant de s'orienter vers la BD et l'illustration pour la jeunesse. D'autres infos ici.

Alexis Michalik (né en 1982) est un comédien et metteur en scène franco-britannique. D'autres infos ici.

L'avis de Kathel.

samedi 24 décembre 2016

Joyeux Noël !

source: deavita.fr

Joyeux Noël à tous !
En particulier aux lecteurs réguliers du blog - vos passages et commentaires me font toujours très plaisir.
Je vous souhaite de belles fêtes, de beaux moments et du repos.