Le jardin - Hye-Young Pyun

source: amazon.fr

Après le Japon, je vous emmène en Corée pour un roman "noir". Je vous raconte ?

Ogui, un universitaire, est paralysé et défiguré à la suite d'un accident de voiture dans lequel il a perdu son épouse. Après de longs mois à l'hôpital, il est autorisé à rentrer chez lui - disons plutôt que c'est sa belle-mère, la seule famille qu'il lui reste, qui obtient l'autorisation, car Ogui, lui, va rapidement se rendre compte qu'il lui aurait été plus bénéfique pour sa rééducation de rester à l'hôpital. Si sa belle-mère engage une garde-malade et autorise les visites du kiné, elle finira par les renvoyer les deux, tout en prenant peu à peu la main-mise sur les finances d'Ogui et sa maison. Plus étrange encore, elle s’obstine à creuser un immense trou au milieu du jardin entretenu auparavant avec frénésie par sa fille. Elle entend "terminer ce qui a été commencé"; mais qu'entend-elle par là au juste ?

Après sa digression, elle [la belle-mère] éclate en sanglots bruyants, comme une enfant. Ça fait un moment qu'il ne l'a pas vue pleurer comme ça. Ogui est désolé pour elle. S'agit-il d'un malentendu de sa part ? S'est-il mépris sur la conduite de sa fille ? Parfois, elle a l'air si vieille et en si mauvaise santé qu'il se trouve injuste de la soupçonner et d'éprouver de l'hostilité à son égard. C'est le cas en ce moment.
Mais pas à chaque fois. Elle se montre souvent insensible face aux peurs et aux angoisses d'Ogui, comme si c'était normal. Dans ces moments-là, elle ne semble pas du tout souhaiter sa guérison.
(p. 127)

Je ne sais pas pour vous mais moi, je trouve l'histoire plutôt prometteuse, non ? Si j'ai beaucoup aimé le personnage d'Ogui, la façon dont les éléments sont amenés et l'histoire construite, la tension qui monte notamment par le fait qu'on ressent très bien l'impuissance dans laquelle se trouve Ogui qui ne peut plus parler et n'arrive à s'exprimer qu'en clignant de l’œil et en bougeant un peu son bras gauche, au final, je suis clairement restée sur ma faim. Tout simplement, parce que je n'ai pas compris où l'auteure voulait en venir. Certes, Ogui réfléchit à sa relation à son épouse, leurs dissensions de plus en plus grandes, sa part de responsabilité mais je n'ai clairement pas compris les intentions de sa belle-mère.

Un bilan mitigé pour ma part.

Et vous ? L'avez-vous lu ? Qu'en avez-vous retiré ? Je suis curieuse de lire vos ressentis à ce sujet.

(éd. Payot Rivages, The hole traduit du coréen par Lim Yeong-hee avec la collaboration de Lucie Modde, 155 pp., 2019)

Commentaires

Anonyme a dit…
Pas lu, et pas trop envie, juste avant j'avais ce billet
https://actudunoir.wordpress.com/2019/11/07/le-jardin/
keisha
Guillome a dit…
j'étais très très tenté en voyant cette parution. mais rapidement je me suis arrêté pourquoi ? le style peut etre trop clinique. peut etre pas le bon timming...
dasola a dit…
Bonsoir Lewerentz, j'ai aimé qu'il y n'ait pas de vraie conclusion. Enfin, j'ai compris que son beau-fils meurt dans son trou. A mon avis, elle hait cet homme qui est responsable de la mort de son épouse volontairement ou non. Bonne soirée.
lewerentz a dit…
Dasola: merci pour ce retour. J'ai compris la même chose que toi mais j'étais quand même restée mitigée.

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