La femme de paille - Catherine Arley


Hildegard Mäener, une hambourgeoise de 34 ans, a tout perdu durant la guerre (famille, biens). Traductrice, elle vit chichement et consulte chaque semaine les petites annonces du courrier du cœur. A la recherche du prince charmant ? Oh ! Si en plus il est charmant, bien de sa personne et qu'elle en tombe amoureuse, tant mieux. Mais il faut surtout qu'il soit riche ! Un jour, la chance lui sourit : un vieux millionnaire allemand qui passe sa vie sur son yacht et dans ses différentes résidences à travers le monde, a passé une annonce. Elle répond et quelques semaines plus tard, est convoquée à Cannes pour un entretien avec Anton Korff, l'homme de confiance de Karl Richmond. A priori, Hilde est la candidate parfaite. Le hic ? Richmond est odieux, cruel et raciste. C'est lui qui dit comment les choses doivent se passer et il accepte très mal qu'on le contredise. Korff joue franc jeu avec la jeune femme : à la mort du vieil homme, toute sa fortune ira aux diverses fondations qu'il a créé. Après vingt ans de service, il estime mériter un petit quelque chose et il a un plan : il adopte Hilde, celle-ci épouse Richmond et il "travaille au corps" le vieil homme pour qu'il modifie son testament et fasse de la jeune femme son unique héritière - celle-ci lui libellant d'ores et déjà un chèque de 200'000 dollars pour solde de tout compte.
Hildegard, qui a la détermination de ceux qui n'ont plus rien accepte le marché et, contre toute attente, parvient à tenir tête au vieil homme qui, pour le coup, la respecte. Mais il faudra beaucoup de détermination à la jeune femme pour survivre dans ce nœud de vipères, Korff se révélant profondément manipulateur.

L'intrigue me plaisait et je me suis donc lancée dans cette lecture d'une auteure totalement inconnue pour moi. Bien m'en pris puisque j'ai beaucoup aimé ce roman cynique, acide et totalement amoral. Le petit côté retro est charmant mais le style n'est pas vieilli. La fin est excellente - tant qu'à mettre ses personnages dans des situations difficiles, Catherine Arley le fait jusqu'au bout.

Sangpages a aussi beaucoup aimé. Le réalisateur anglais Basil Dearden en a tiré un film (Woman of straw, 1964) avec Sean Connery et Gina Lollobrigida, dans une version quelque peu remaniée de l'intrigue.

(éd. Le Masque, réédition en 2019, publication originale en 1954).

Commentaires

zarline a dit…
Je n'en ai jamais entendu parler mais ce petit côté irrévérencieux me plait bien.
Anonyme a dit…
Je me demande si je n'ai pas vu le film (au moins au siècle dernier!)
keisha
gwenaelle a dit…
Mais il semble machiavélique ce roman! ;-)
lewerentz a dit…
Gwenaëlle : il l'est ! Je te l'envoie.

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