This house is haunted - John Boyne


Londres, 1867. Eliza Caine, 21 ans, vient de perdre son père et, pensant surmonter sa peine plus rapidement, décide, une semaine plus tard, de quitter son emploi d'institutrice pour s'engager comme gouvernante à Gaudlin Hall, dans le Norfolk. Arrivée un soir tard sur place, elle est accueillie par les deux enfants dont elle aura la charge : Isabella, 12 ans, et son petit frère Eustace, 8 ans. Les parents ? Absents lui explique la fillette qui, aux yeux d'Eliza, se comporte déjà comme une dame; comme si elle était la maîtresse des lieux. Sa première nuit sur place sera éprouvante : alors qu'épuisée elle s'endort, elle est réveillée par un cauchemar : de puissantes mains invisibles qui essaient de la tirer hors du lit.

Le lendemain, Eliza pense faire la connaissance de ses nouveaux employeurs mais on lui répète qu'ils sont absents. Intriguée, contrariée, et n'obtenant pas de réponse de Heckling, l'intendant qui vit près des écuries, elle se rend au village pour rencontrer Mr Raisin, l'avocat de la famille. Si elle repart bredouille lors de cette première visite, à force d'insister, elle finit par obtenir un entretien et apprend la vérité. Un peu plus d'un an auparavant, dans un accès de folie, Santina Westerley, la mère des enfants, a sauvagement assassinée la première gouvernante qui était venue l'aider à la demande de son époux, et très sérieusement blessé celui-ci. Mrs Westerley a été pendue pour son crime et son époux n'est plus qu'une moitié d'humain. Où est-il ? Eliza peut-elle le rencontrer afin de savoir exactement ce qui est attendu d'elle ?

Parallèlement, Eliza se prend d'affectation pour Eustace. Avec Isabella, la relation est plus difficile. Si la jeune demoiselle est toujours parfaitement polie, il est clair qu'elle a un caractère déjà très affirmé et veut être fidèle aux principes inculqués par sa mère; notamment, ne pas quitter le domaine.

Si le manoir semble en bon état, en réalité, depuis que les enfants y vivent seuls et que tous les domestiques (sauf Heckling et une mystérieuse Mrs Livemore) sont partis, il commence à tomber en ruine. Des fenêtres et des portes qui ne s'ouvrent pas un jour mais sans difficulté le lendemain, des coups de vents, etc. Est-ce la cause de ses étranges phénomènes ? Que ce passe-t-il réellement dans ce manoir ? Et pourquoi est-elle la sixième gouvernante en un an ? Voilà bien des questions auxquelles la jeune femme a l'intention de répondre.

J'aime beaucoup les histoires de fantômes et autres récits fantastiques old style. Un de mes préférés est sans conteste Le tour d'écrou (The turn of the screw) d'Henry James. Raison pour laquelle j'ai été assez déstabilisée en lisant le résumé de ce roman de John Boyne, le parallèle inévitable étant si criant. Est-ce intentionnel ? Un hommage quelconque ? Je me suis posée la question. Troublant de la part d'un auteur reconnu et apprécié comme Boyne. Attention, je ne parle pas de plagiat mais l'intrigue de base est si similaire que faire le lien s'impose - sauf si vous n'avez pas lu le récit de James.

Ceci étant dit, j'ai beaucoup apprécié cette histoire qui instille une atmosphère de tensions, de questions. Comme pour le récit de James, on se demande si tout cela est vrai : le manoir est-il hanté ? Eliza, dans sa solitude et sa peine, perd-elle la raison ? Une seule solution pour le savoir : lire ce roman !

Je n'avais jamais lu Boyne; et vous ? D'autres textes à me conseiller ?

John Boyne (né en 1971 à Dublin) a étudié la littérature anglaise à Trinity College (Dublin) puis la creative writing à East Anglia (Norfolk, Angleterre) où il enseigne d'ailleurs à son tour. Il a publié plusieurs romans pour les adultes et aussi d'autres pour les jeunes, dont Le garçon en pyjama rayé qui a connu un grand succès. Il a reçu de nombreux prix, ses romans sont traduits dans de nombreuses langues, et il collabore également au Irish Times.

(Black Swan Edition, 347 pp., 2013)

Commentaires

maggie a dit…
Je ne connais pas Boyne mais j'ai déjà lu le tour d'écrou, effectivement, un chef-d'oeuvre du genre fantastique. Je passerai mon tour pour celui-là s'il ressemble tant que ça... ( après, il y a beaucoup de récits de ce type chez les victoriens...)
keisha a dit…
Dès le début du billet j'ai pensé à ce Turn of the screw...
Lewerentz S a dit…
Maggie: quel récit fantastique victorien me conseillerais-tu ? Je suis preneuse de toute suggestion !

Keisha: et tu as aimé "Le tour d'écrou" ?
maggie a dit…
Ceux de Wilkie Collins !
Lewerentz S a dit…
Maggie : oui, en effet. J'en ai lu plusieurs, adoré "La dame en blanc", mais pas "La pierre de lune", et bof certains autres (je ne me souviens plus de tous les titres).