Nuit blanche à Stockholm - Christoffer Carlsson

source: fnac.ch

Ah ! L'art de vivre nordique, son hygge et son lagom (si tendances !), son design, sa cuisine, ses paysages, son avance dans beaucoup de domaines comme l'écologie, la mobilité douce, l'égalité homme-femme, le congé paternité et j'en passe ! Ça fait rêver, n'est-ce pas ?
Oui, sauf que tout n'est pas si rose chez nos amis scandinaves et leurs polars sont là pour nous le rappeler. Ici, le thème principal sont les groupes extrémistes (de gauche comme de droite), le racisme et la violence qu'ils engendrent. Et j'aime autant vous prévenir : cela fait froid dans le dos !

Lorsque Thomas Heber, sociologue, est retrouvé mort dans une arrière-cour, Leo Junker et Gabriel Birck sont chargés de l'enquête. Elle leur est toutefois rapidement retirée et prise en main par la Säpo, le service de la sécurité de l'Etat suédois. En effet, selon les notes contenues dans le journal de terrain du jeune universitaire, une haute personnalité politique serait menacée. Et lorsqu'une informatrice d'Heber prend contact avec les deux enquêteurs, ils continuent en parallèle de chercher qui est visé.
"C'est au camp qu'il est démasqué. Ils s'entraînent aux techniques d'attaque avec des paintballs et pratiquent les sports de combat. C'est la première fois qu'il a une arme à feu entre les mains. (...) Cela se produit au cours du dernier soir: son téléphone tombe entre les mauvaises mains. En l’occurrence, entre celles de Christian.
- Je n'ai pas envie de faire ça, mais je n'ai pas le choix, lui dit Christian.
source: hbl.fi
Jonathan pense qu'il a l'air sincère, comme s'il agissait vraiment à contrecœur, puis Christian le frappe au ventre. Jonathan reconnaît la sensation et encaisse le coup, presque avec reconnaissance. Il le mérite et une partie de lui est soulagée. C'est enfin terminée." (pp. 287-8)

Le rythme de l'enquête est lent mais la plongée dans la face cachée de la Suède est intéressante. Les personnages m'ont plu. Toutefois, n'ayant pas lu le premier roman de la série (Le syndrome du pire), j'ai eu quelques peines à cerner et Leo Junker. Je ne sais pas ce qu'il lui ai arrivé. Au début du roman, il reprend le travail après un arrêt de plusieurs mois. Lors d'une précédente enquête, il a tué par accident un collègue et est visiblement passé par une dépression. En tout cas, il est encore dépendant d’anxiolytiques, même s'il essaie progressivement d'espacer les prises. Il rend également régulièrement visite en prison médicalisée à un certain Grim; apparemment un ancien ami qui est tombé dans la violence. J'aurais également voulu en savoir plus sur la relation à ses parents qui est uniquement évoquée ici (son père a la maladie d'Alzheimer, etc.), ainsi qu'avec son amie Sam.

Un auteur intéressant mais si, comme moi, vous ne l'avez pas encore lu, il est certainement plus prudent de commencer par Le syndrome du pire qui a reçu le prix du roman policier de l'année 2013 en Suède.

Christoffer Carlsson (née en 1986) est criminologue. Il a publié plusieurs romans et essais.

(éd. J'ai lu, 441 p., 2018)

Commentaires

Aifelle a dit…
Je n'ai pas encore lu cet auteur, je le note et en général, pour une série, je commence toujours par le premier.
maggie a dit…
Je n'ai pas encore vu cet auteur sur les blogs me semble-t-il. J'ai noté qu'il valait mieux commencer par le 1 :-). C'est bien que les romans nordiques abordent de plus en plus le thème de l'extrême droite et de ses accointances avec le nazisme ( dans le passé). Ca vient casser les stéréotypes.
niki a dit…
encore un auteur scandinave - ils naissent comme des champignons ces temps-ci - je note, à tout hasard
Dominique a dit…
un petit nouveau au nord du nord c'est bien cela assure le renouvellement
C'est vrai que les polars nordiques nous donnent une vision moins idyllique de la Scandinavie. La montée de l'extrême droite est un reflet des idées racistes qui ont sévi pendant le nazisme dans ces pays-là. J'ai lu que même si les samis ont obtenu d'être reconnus en tant que nation, ils sont souvent en butte au racisme de nos jours encore.
Je lirai certainement ce roman un de ces jours !
Lewerentz S a dit…
Maggie, Claudia : oui, vous avez raison. C'est un roman sombre et assez dur mais l'enquête est lente.
Lewerentz S a dit…
Affeille, Dominique : commencez par la 1re enquête, c'est mieux.
Lewerentz S a dit…
Niki : tu m'en rediras des nouvelles, bien sû 😉