Les doigts rouges - Keigo Higashino

source: site éditeur
source: sputnik.fr

Début de soirée, Maehara Akio est encore au travail lorsque son épouse l'appelle et lui demande de rentrer immédiatement à la maison car quelque chose de grave s'est produit. Arrivé chez lui, elle lui apprend que Naomi, leur fils de quatorze ans, a tué une fillette de sept ans. Le corps était dans le salon lorsque Yaeko, la mère, elle revenue du travail et elle l'a déplacé dans le jardin arrière avant de le recouvrir d'un sac poubelle noir.

Terrifié, affolé, atterré et furieux, Akio doit bien se rendre à l'évidence lorsque son fils reconnaît le meurtre. Les parents ont du mal a en savoir plus, Naomi finissant par entrer dans une colère folle face à son père qui le presse de questions. Le jeune garçon est solitaire, froid, indifférent, et chaque jour, à peine rentré du collège, il s'enferme dans sa chambre pour jouer à des jeux vidéos (visiblement violents).
Akio veut appeler la police mais Yaeko menace de se suicider s'il le fait. Elle couve et materne son fils comme s'il était encore enfant, lui passe tous ses caprices, et persuade son mari qu'ils doivent se débarrasser du corps afin que leur fils puisse avoir une vie normale.
Comment vont-ils s'y prendre ?

J'ai découvert Higashino avec La maison où je suis mort autrefois, un gros coup de coeur. J'ai lu plusieurs des suivants parus en français, un peu déçue par certains mais relancée dans mon enthousiasme avec La fleur de l'illusion (ne le chercher pas sur le blog, je ne l'ai pas chroniqué et je me demande d'ailleurs bien pourquoi). Ce roman-ci est un tout bon opus.

Car, Keigo Higashino, en même temps que son intrigue, y fait une critique sociale, y tisse une touchante étude de notre relation à nos parents, aux personnes âgées, en fin de vie. Le Japon, comme vous le savez peut-être, est confronté à une natalité très faible - le second taux le plus bas après la Corée du Sud. La population vieillie et il n'est pas rare que les familles se composent de plusieurs générations. Ici, Masae, la mère d'Akio vit avec eux. En réalité, c'est le couple et leur fils qui sont venus s'installer dans la maison familiale à la mort du père atteint de démence sénile. Et maintenant, c'est au tour de la vieille mère de perdre la tête.
En contrepoint, Higashino raconte aussi la relation des deux enquêteurs, cousins, dont leur père et oncle est en fin de vie à l'hôpital.
Au-delà de l'enquête, c'est surtout cet aspect social qui m'a plu dans ce roman.

Tentés ?

(éd. Actes Sud, Actes noirs, traduit par Sophie Refle, 240 pp., 2018)

Commentaires

Valérie a dit…
Ca fait très longtemps que je n'ai pas lu un Actes Sud noir alors que j'en ai dévoré plusieurs après Millenium. C'est ce que j'en retenais souvent, cette ambiance...
Ah Higashino j'aime beaucoup ! Du moins, j'ai adoré les 2 romans que j'ai lus de lui, Le dévouement du suspect X et Un café maison, et je compte bien continuer dans ma lancée. Ton billet me rappelle à son souvenir, merci !
maggie a dit…
Oui, tentée TRES TRES !!! Après un de tes commentaires, je me suis dis qu'il fallait que je mette à lire cette littérature et connaître cette culture. J'ai commencé par le plus facile pour moi les films japonais notamment la pop culture japonaise ( je préfère pour l'instant la culture coréenne) mais j'ai noté ce roman et j'ai hâte de m'y mettre. Je ne sais pas si j'ai quelque chose de japonais dans ma PAL
Les livres de la collection Actes noirs d'Actes Sud m'attirent toujours. Je n'ai jamais lu de livre dont l'intrigue se déroule au Japon. Ça me plairait bien d’en découvrir plus. J’ai l’impression que je connais un peu la Suède grâce aux livres de cette collection. Ça me donnera peut-être la même impression avec le Japon :D
Lewerentz S a dit…
Valerie: "Milenium" ne me tente pas le moins du monde, ni tous les AS noirs. Mais ceux d'Higashino, je recommande !

A girl: j'avais été un peu déçue par "Un café maison" après "La maison..." et "Le dévouement...". Du coup, j'avais un peu laissé Higashino de côté et repris avec "La fleur de l'illusion" et maintenant celui-ci.

Maggie: j'ai hâte de savoir si tu auras aimé.

Nathalie: merci pour ton passage. Chez les Suédois traduits chez AS, je crois qu'à part les Läckberg, je n'en ai pas lu; en as-tu à me recommander ?
Nahe a dit…
Très envie de découvrir ce titre, je vais patienter avec le précédent :)
Lewerentz S a dit…
Nahe : La fleur de l'illusion ? Alors tu vas te régaler aussi 😊
Amy Nagata a dit…
Ça donne vraiment envie de tester, ça a l'air noir à souhait mais pas non plus gore. Après, la critique sociale je trouve que c'est très courant parmi les auteurs japonais - enfin chez ceux que j'ai lus, en tous cas. (Ryû Murakami et Hideo Furukawa entre autres, surtout dans Les bébés de la consigne automatique !)
Lewerentz S a dit…
Bonjour Amy, merci pour votre message et passage sur le blog. Je ne sais même pas si on peut qualifier ce roman de noir, disons que c'est juste... Bon, j'ai adoré 😉 Je n'ai jamais lu R. Murakami (malgré le bon que j'ai lu (notamment) sur les bébés de la consigne. Quant à Furakawa, je ne le connais carrément pas mais vais m'y intéresser. Je suis d'accord, la critique sociale est courante dans la littérature japonaise et c'est aussi une des choses que j'apprécie.
Lilly a dit…
Je l'ai repéré chez Lou, et il me tente, ainsi que La maison où je suis mort autrefois qui a l'air de faire l'unanimité.
Lewerentz S a dit…
Lily: je ne peux que confirmer les autres avis que tu as lus. Essaie !