Le couvent des damnés - Minoru Takeyoshi

source: site éditeur

Saint-Empire romain germanique, 1552. Née dans une famille nombreuse, la petite Ella est vendue par ses parents après qu'une vieille dame leur ai dit qu'elle est "habitée par le feu" et que si elle se laisse consumer, elle pourrait bien finir par "égorger quelqu'un". Si les parents ne le font pas de gaîté de cœur, en même temps, c'est une bouche en moins à nourrir. Ella réussit à échapper à ses geôliers mais est blessée et recueillie par Franziska, une jeune femme qui exerce comme guérisseuse - aujourd'hui, on la qualifierait de droguiste. La fillette grandit auprès d'elle et connaît enfin un peu de calme et de bonheur. Mais cette époque est aussi celle où règne la terrible Inquisition, symbolisée par l’ordre du Claustrum dirigé par madame Edelgard. Une femme comme Franziska, veuve et soignant les gens, est une cible de choix pour l'église catholique qui pense que seules les prières peuvent guérir. Arrêtée, elle est torturée sur la place publique jusqu'à ce qu'elle avoue être une sorcière et désigne une autre de ses comparses. Révoltée, Ella jure de venger celle qu'elle considère désormais comme sa mère. En attendant, elle est emmenée au couvent du Claustrum avec d'autres "filles de sorcières". Véritable forteresse, le monastère est entouré de hautes murailles et perdu au milieu de la Forêt Noire. Là, pendant trois ans, elles seront novices afin de revenir dans le giron de l'église catholique. Leurs journées sont longues et dures, entre prières et travaux dans les champs. Mais, étonnamment, les repas sont copieux. Ella, pourtant, se rend rapidement compte qu'elles sont droguées via la nourriture. Elle s'allie avec la fragile Hilde, Kaja, une gitane (donc une mécréante), puis avec Thea. Comment les jeunes filles parviendront-elles à s'enfuir ? Ella, en tout cas, est prête à tout, même si elle doit patienter trois ans durant et même si elle doit mentir.
source: manga-sanctuary.com

En général, je n'aime pas lire des mangas qui se déroulent hors du Japon, a fortiori lorsque ce qu'ils ne se déroulent pas à notre époque. J'ai toutefois fait une première exception avec l'excellent Cesare (dont j'attends le nouveau volume avec impatience - si vous ne connaissez pas encore cette série, je vous invite à cliquer sur le lien). Ayant longtemps eu un grand intérêt pour le Moyen-Age, le titre de cette nouvelle série ne pouvait que me titiller et je n'ai pas hésité longtemps à acquérir les deux premiers volumes. Une bonne pioche, donc, puisque, malgré une certaine violence et dureté (Moyen-Age + Inquisition = on ne rigole pas), j'ai vraiment apprécié l'intrigue, bien ficelée, prenante. Malgré leurs grands yeux typiques et clichés des mangas (une autre chose que j'évite en général), les dessins sont soignés, incisifs, et les héroïnes, fortes et déterminées, donnent envie de connaître la suite de leur aventure. Chaque personnage a son caractère propre et je me réjouis de voir comment leurs psychologies et différences vont être approfondies.

Le couvent des damnés est la première œuvre du mangaka Minoru Takeyoshi. La série remporte un vif succès au Japon.

(éd. Glénat, traduit par Yohan Leclerc, Grenoble, 2017)


Commentaires

Sandrine a dit…
J'ai commencé à lire ton billet dans mon agrégateur de flux et me suis dit que ce roman me plairait tout à fait. Mais en manga japonais, ça me tente beaucoup moins. Rien que l'illustration du moine bien propre sur lui que je vois ne me donne plus envie... je crains les raccourcis et simplifications...
J'aime assez les mangas, ils ont un côté addictif et ce, quelque soit le sujet. Les mangakas m'épatent vraiment par leur imagination. Bon, je ne lis pas tout parce qu'il y en a tellement mais là, ta petite série qui se situe au Moyen-Âge, ça me tente bien ! Bon, par contre, Inquisition et tortures, ça me fait hésiter quand même. Je suis très douillette.
Carole a dit…
Tu me donnes envie de le découvrir, merci ;)
Bonne soirée, bises.