Eva Moreno - Hakan Nesser


source : site éditeur

La veille de son départ en vacances, Eva Moreno, inspectrice de police judiciaire, doit se rendre à Lejnice, une petite ville, pour y interroger Franz Lampe-Leermann, un petit voyou qui connaît beaucoup de "gros bonnets" et dont l'interrogatoire pourrait permettre aux policiers d'arrêter plusieurs personnes. Et celui-ci a spécifiquement demandé après Eva. Elle accepte de s'y rendre, pensant régler le cas rapidement. Dans le train, elle fait la connaissance de Mikaela, dix-huit ans, qui va rendre visite à son père qui vit dans un centre de soins psychiatriques depuis qu'il a été reconnu coupable, seize ans plus tôt, du meurtre d'une de ses élèves, Winnie, avec qui il a eu une aventure d'un soir et qui est tombée enceinte. Mikaela n'ayant que deux ans au moment des faits, c'est en réalité la première fois qu'elle rencontre son père dont elle ignorait tout jusqu'à quelques jours auparavant. Le lendemain de sa visite, Mikaela disparaît.

Après des lectures exigeantes et plutôt mélancoliques (Beckomberga et Hiver à Sokcho), j'avais envie d'un polar et de fraîcheur, autrement dit (je sais, c'est cliché) d'un roman policier scandinave. Et si possible un/e auteur que je ne connaissais pas encore. J'ai donc fait confiance à ma libraire qui m'a conseillé Hakan Nesser, un auteur suédois que The SundayTimes place au premier rang des auteurs suédois. 

Je ne le regrette pas, car j'ai bien aimé ce roman, surtout pour son personnage d'Eva, laquelle a un franc-parler qui m'a bien plu, comme dans l'extrait ci-dessous où elle discute de la disparition de Mikaela avec le commissaire Vrommel de Lejnice : 

- Qu'est-ce qui a bien pu se passer, à votre avis ? demanda-t-elle.
(...)
- Rien, fit-il.
- Rien ? répéta Moreno, étonnée. Mais la fille a disparu. 
- Les filles disparaissent. Depuis toujours. Et ça sera toujours comme ça. Puis elles reviennent, les joues empourprées.
Non mais je rêve ! pensa Moreno. Mais elle sera les dents et s'efforça de faire un semblant de sourire. Un peu tendu, certes, et un peu trop rapide.
- Vous ne pensez pas qu'il y a un rapport avec l'ancienne affaire ?
- Vous en avez entendu parler ?
- Un peu, oui. Il paraît que c'était assez impressionnant...
Vrommel ne dit rien.
- Il n'est peut-être pas impossible qu'il y ait un rapport. D'une manière ou d'une autre.
- Je ne pense pas.
- Non ? (p. 133)
source: eyvind2016.se

Hakan Nesser (né en 1950) a été enseignant avant de se consacrer entièrement à l'écriture (dès 1998). Ses romans (principalement des romans policiers) ont obtenu de nombreux prix et ont été adaptés à la télévision suédoise. Parmi ses personnages récurrents, il y a les inspecteurs Van Veeteren (cité plusieurs fois par Eva Moreno) et Barbarotti. Les connaissez-vous ?

Pour en savoir plus sur l'auteur, un bon site, celui de l'éditeur allemand btb Verlag et le site officiel de l'auteur.

(éd. Points, traduit par Agneta Ségol et Marianne Ségol-Samoy, 376 pp., 2012)

Commentaires

Cecile a dit…
J'avais lu le premier de l'auteur (il y a très très longtemps) et je me rappelle que cela m'avait bien plu aussi. C'est peut être cliché mais j'ai rigolé au jeu de mots fraîcheur et roman policier scandinave :)
niki a dit…
j'ai un roman de cet auteur, quelque part, il va falloir que je fasse quelques recherches ;)
mais ton billet me donne envie de le retrouver -
de même que cécile, je ricane un peu à "fraîcheur" et "policier scandinave", cela me semble tellement antinomique ;)
Lewerentz S a dit…
Cécile, Niki,
Franchement, je ne comprends pas bien pourquoi vous vous moquez de moi avec de "fraîcheur" et "scandinave"; qu'y a-t-il de si drôle ?
Sandrine a dit…
J'ai deux romans d'Hakan Nesser dans ma PAL, dont celui-ci me semble-t-il...
maggie a dit…
Je ne connais pas ces commissaires mais je note cette romancière. Moi aussi, j'aime bien lire un polar de temps en temps...
niki a dit…
mais je ne me moque pas de toi, mais "fraîcheur" et "scandinave" ne vont pas bien ensemble à mes yeux, sauf sans doute pour le climat ;)
sinon les polars scandinaves sont tellement glauques que j'hésite à les trouver très "frais" - mais bon, j'ai un humour un peu caustique et particulier, sans doute que je me suis mal fait comprendre