Pas facile d'être une lady ! / E. M. Delafield

source: payot-rivages.net
Le livre est écrit sous la forme d'un journal sur une année de la vie d'une famille de la classe moyenne / haute. C'est l'épouse qui l'écrit; elle est marié à Robert (qui travaille comme expert foncier / régisseur), ils ont deux enfants, Robin, l'aîné qui a une dizaine d'années et est en pension à Brighton, et Vicky, la cadette qui a env. 7-8 ans (les âges ne sont pas précisés, ce n'est donc que mon estimation). Il y a aussi Mademoiselle, la préceptrice française, la cuisinière et deux bonnes. Et Helen Wills - la chatte.

C'est drôle (sans que l'on rit aux éclats non plus - du moins pas moi), c'est surtout vif, la plume est pince-sans-rire, lucide. C'est assez four-tout : dans le récit d'une seule journée, on peut passer des soucis domestiques (la bonne qui donne son congé, la cuisinière qui se plaint de ne pouvoir préparer des sandwichs pour dix personnes avec un seul poulet, etc.) aux soucis financiers (heureusement que la bague de la grand-tante est régulièrement mise en gage à Plymouth), en passant par l'organisation d'une fête/kermesse, les potins avec la femme du pasteur autour d'une tasse de thé, les problèmes du chauffage et les intrusions de l'odieuse Lady Boxe ("Lady B.") qui ne manque pas une occasion de montrer sa supériorité financière et aristocratique.

D'un côté, cette variété permet de maintenir un rythme au récit et ajoute à la légèreté de l'ensemble. De l'autre, clairement, on n'en lirait pas non plus pendant des pages et des pages, donc la durée d'une année est adéquate. Mais c'est toujours avec le sourire aux lèvres qu'on suit la vie de cette famille qui oscille entre vie dans un village anglais et quelques sorties à Londres (ou même des vacances sur la Côte d'Azur !), bonnes œuvres, causeries intellectuelles à l'association des femmes, un mari plutôt taciturne et des enfants turbulents, l'art de faire la conversation alors qu'on n'a pas vu la dernière exposition de peinture italienne (mais on fait comme si), bref, c'est sympathique, une lecture sans prise de tête que l'on peut lire à petites doses.
source: independant.ie
Même si ce n'est pas un vrai journal autobiographique, je l'ai lu comme tel, car il est tout à fait clair qu'E. M. Delafield s'est inspirée de sa propre vie lorsqu'elle l'a rédigé et qu'il est paru sous forme de chroniques hebdomadaires dans le magazine politique, littéraire et féministe Time & Tide (1920-86). De son vrai nom Edmée Elizabeth Monica Dashwood (1890-1943), son père s'appelait aussi "de La Pasture", nom qu'elle a utilisé pour former son nom de plume. Une intéressante biographie (si cela vous intéresse) se trouve sur wikipédia

Je n'ai pas encore lu les récits de Deborah, duchesse du Devonshire (la plus jeune des sœurs Mitford), mais je pense que c'est assez dans le style, non ? L'avez-vous lu ? Me la conseillez-vous ?

(éd. Payot & Rivages, traduit par Hélène Hinfray, avant-propos de Mario Pasa, 247 pp., Paris, 2015)

Commentaires

niki a dit…
cela correspond bien à ce que j'imaginais :)
keisha a dit…
Pour l'instant je ne connais que Nancy (lue il y a des lustres)