Tout ce qu'on ne s'est jamais dit / Celeste Ng

1977, dans un petite ville des États-Unis. La famille Lee prend son petit-déjeuner mais Lydia, la seconde enfant qui vient de fêter ses seize ans se fait attendre. Sa mère Marilyn finit par monter dans sa chambre et découvre que le lit n'a pas été défait. Commence alors quelques jours d'angoisse qui s'achève par la découverte du corps de la jeune fille, noyée dans un lac tout proche. Que s'est-il passé ? Accident, suicide, agression ? 

Pour le comprendre, Celeste Ng a eu l'excellente idée de ne pas se lancer dans une enquête policière ou un thriller, mais tout simplement une chronique familiale qui est à la fois une étude psychologique très réussie et une histoire sociétale des États-Unis de la fin des années 50 à la fin des années 70. En clair, si vous vous attendez à un polar (oubliez les "citations" et extraits de critiques sur le 4e de couverture), passez votre chemin. Mais ce serait bien dommage, car pour son premier roman, C. Ng, auteur américaine d'origine chinoise, a réussi un très bon roman !

C'est en effet, aux origines de cette famille que l'on plonge. Marilyn, fille unique n'a plus reparlé à sa mère depuis son mariage avec James Lee, son professeur d'origine chinoise à l'université. S'étant retrouvée enceinte, la brillante étudiante a mis de côté ses rêves de devenir médecin pour se consacrer à son fils Nath. Puis Lydia est arrivée et, une fois encore, elle a repoussé son rêve qu'elle finit par reporter sur sa fille, la poussant à étudier chimie, physique, biologie et mathématiques dès son plus jeune âge. De non-dits en frustrations, de douleurs en difficultés à s'adapter, c'est tout une série de thème très intéressants qui sont abordés : se faire une place lorsqu'on est différents (les origines de leur père se reflètent dans le physique des enfants), la solitude et le "faire semblant", l'amour toxique et étouffant d'une mère, l'enfant qui se sent abandonnée et mise de côté (Hannah, la cadette), le deuil et la difficulté à se reconstruire, l'ambiance lourde qui s'ensuit dans la famille, les liaisons des parents. 

Le tout est extrêmement bien mené et j'ai beaucoup aimé le fait de situer le présent de l'action dans les années 70.

Bref, vous l'aurez compris, je vous recommande vivement ce roman !
 
source: theguardian.com

Celeste Ng est née à Pittsburgh de parents chinois émigrés de Hong-Kong. Après des études d'anglais à Harvard, elle étudie l'écriture à l'université du Michigan et, parallèlement, obtient ses premiers prix pour des nouvelles.

(éd. Sonatine, traduit par Fabrice Pointeau, 320 pp., 2016)

Commentaires

Cecile a dit…
Je note pour un prochain emprunt à la bibliothèque. J'avais vu le nom mais je n'avais pas lu la quatrième de couverture. Merci de ce billet donc !
maggie a dit…
Repéré dans le magazine lire ( le mois dernier, il était consacré au polar, je crois), il me tentait beaucoup, et ton billet me donne encore plus l'envie de le lire
Sandrine a dit…
Je le note pour ma liste de lectures estivales.
Kathel a dit…
Je suis d'accord, c'est un très bon roman... et si on n'attend pas un polar, c'est mieux encore !
niki a dit…
bon, si tu le recommandes, je l'ajoute à ma liste, mais pas pour tout de suite ;)
en tout cas on sent bien le plaisir que tu as eu à le lire
FondantGrignote a dit…
Ca a l'air sombre mais passionnant... Je note aussi!
Valérie G a dit…
N'en jetez plus, les filles! Il me le faut.