L'homme qui souriait - Henning Mankell

Quel plaisir de retrouver l'inspecteur Wallander ! Il y a longtemps que je n'avais pas lu une de ses enquêtes - encore que ce ne doit pas être plus de troisième que je lis - et le plaisir de la lecture d'un bon roman policier, sans pléthore de rebondissement en série mais avec un soin apporté au contexte social et culturel, ainsi qu'à la psychologie des personnages, était vraiment là.
Stortorget, Ystad - source: visitsweden.com

Pourtant, au commencement du roman, Wallander est au plus mal. En arrêt maladie depuis presque un an et demi, il erre sur les plages d'une île danoise à la suite d'une dépression consécutive au fait d'avoir tué un homme - pourtant en totale légitime défense. Il a pris sa décision : il va donner sa démission, et ce n'est pas la visite de son ami avocat Sten Torstensson qui va le faire changer d'avis. Le père de ce dernier, également avocat, est récemment décédé dans ce qui semble un accident de voiture; ce dont le fils se refuse à croire. Toutefois, une semaine plus tard, le jour où Wallander retourne au commissariat pour enfin prendre congé de ses collègues, il apprend le meurtre de Sten Torstensson, et c'est l'électrochoc suffisant pour le décidé à reprendre du service - ne serait-ce que momentanément. L'enquête qui s'ouvre alors va mettre à jour un énorme réseau criminel dont les ficelles sont tiré par un homme qui sourit toujours.

Lorsque la sonnerie retentit peu après six heures le lundi matin, il était déjà réveillé. (...) Plusieurs fois pendant la nuit il s'était levé et il avait contemplé la rue par la fenêtre en pensant qu'une fois de plus dans sa vie, il avait fait le mauvais choix. Peut-être n'y avait-il plus aucun chemin évident pour lui ? (...) Juste avant que le réveil ne sonne, il avait accepté le fait qu'il n'avait pas le choix. C'était un instant de résignation absolue, il était bien au clair là-dessus. Mais tôt ou tard, pensa-t-il, la résignation est le lot de chacun. Tout le monde finit terrassé par des forces invisibles. Personne n'y échappe. (pp.31-32)

(éd. du Seuil, traduit par Anna Gibson, 2005)

Commentaires

niki a dit…
je l'ai lu il y a un certain temps déjà - puis je me suis lassée des enquêtes de wallander, comme toujours lorsque je lis trop de romans d'une série - mais comme j'en ai encore en réserve, je me déciderai certainement à les lire un de ces jours
Céline a dit…
Quel plaisir cette série ! Je les ai quasi tous lus, et cela m'a fait tout drôle de dire au revoir à Wallander avec "L'homme inquiet"