La maison des temps rompus - Pascale Quiviger

Pour ma participation à "Québec en septembre", j'ai suivi les suggestions de Karine dans ses vidéos et choisi, un peu au hasard, ce roman, parce que j'aimais bien le titre et la couverture (édition originale uniquement, malheureusement), et aussi parce que ma bibliothèque le possédait.

Dans le premier chapitre, la narratrice (on ignore son prénom) vient d'acheter une maison au bord de la mer, dans un coin retiré. L'accès n'est pas aisé, le village le plus proche est à plusieurs kilomètres, il n'y a pas d'électricité mais la maison est meublée. Et elle correspond exactement à ce dont elle a besoin en ce moment dans sa vie, alors elle l'achète. Ses premières nuits sont toutefois agitées de rêves dont elle trouve des échos le matin à son réveil. Elle dit aussi voir Odyssée; qui est-ce ? Pour l'instant, on ne le sait pas. Le lieu serait-il hanté ? Deux de ses amies prétendent avoir voulu lui rendre visite mais sans trouver le panneau indicateur posé par la narratrice en bordure de la route. La maison, le lieu, existent-ils vraiment ? Vit-elle dans un monde parallèle ? Comme pour garder une trace, une preuve, de ces moments, elle commence à écrire.
Une ambiance qui mêle poésie et onirisme, voire une pointe de fantastique, s'installe. Fort prometteur, me suis-je dis.

Mais le second chapitre m'a complètement dérouté. On y fait la connaissance d'Aurore et Suzanne, et leurs filles Lucie et Claire. Au début, je me suis dis que le lien avec la narratrice du premier chapitre serait rapidement établi et que tout allait s'éclairer. Pourtant non. L'histoire des quatre femmes/filles s'étire; leur amitié et leurs liens sont développés. J'ai alors pensé qu'il s'agissait d'une histoire dans l'histoire; d'une histoire écrite par la narratrice du premier chapitre dans ses carnets, et je me suis prise à aimer ce nouveau récit et ses personnages attachants, même si je regrettais un peu la douce ambiance "atmosphérique/climatique" du premier chapitre. Mais là encore, je n'étais pas au bout de mes surprises et ce n'est que vers la fin du roman que l'on comprend les liens qui relient tous les personnages, quasiment essentiellement féminins.

C'est donc un roman qui m'a déroutée plus d'une fois mais que j'ai aimé au fil des pages. Dans le premier chapitre, les ambiances climatiques sont extrêmement bien rendues; je n'avais aucune peine à imaginer le vent, entendre le bruit de la mer, sentir le froid, voir le chemin pierreux et boueux.

Les personnages sont intéressants (en ce qui me concerne, mention spéciale à Pigheights), on a envie de connaître la suite.
source : fr.canoe.ca

Belle découverte d'une auteur; merci Karine !

(éd. Du Panama, 186 pp., 2008)

Commentaires

Cecile a dit…
Ce que vous dites à l'avant dernier paragraphe sur les ambiances climatiques me tente bien (sur le premier chapitre aussi d'ailleurs).
Karine:) a dit…
Ah oui, c'est déroutant, c'est le moins qu'on puisse dire. Et je trouve que la couverture française est limite hors-sujet...

mais c'est un magnifique roman sur le sujet qu'il traite, et que l'on ne comprend qu'à la fin... (cette phrase est horriblement boiteuse... je me lève, faut me donner une chance!)
Dominique a dit…
je ne connais pas du tout l'auteur, vu ton billet pas certaine de plonger
claudialucia a dit…
Bien sûr, le roman a l'air de qualité mais en même temps je me demande s'il n'est pas trop frustrant! Abandonner une histoire pour en suivre doit être un peu difficile.
Dans un LAL aussi, le côté étrange m'attire beaucoup... Je n'en ai entendu que du bien pour l'instant.