Les derniers jours de Stefan Zweig - Laurent Seksik & Guillaume Sorel

source : site éditeur


Voici une très belle bande dessinée qui retrace les derniers mois de la vie de Stefan Zweig, exilé à Pétropolis (Brésil) avec son épouse Lotte, en 1941. Ils s'y donneront la mort en février 1942. 

Très inquiet et désespéré par la situation en Europe, Zweig a vu ses amis quitter l'Europe ou mourir. Il décide lui aussi de fuir même s'il n'est pas fier de son geste et ressent une grande honte de l'attitude de l'Allemagne. Contrairement à son entourage, l'entrée en guerre des Etats-Unis ne le rassure pas et le coup de grâce est pour lui la défaite des Britanniques en Indonésie. Il continue pourtant à écrire, notamment son essai-autobiographie Le monde d'hier, ainsi que des biographies de Balzac et Montaigne. Malgré son asthme qui s'aggrave, Lotte reste positive et tente de rendre son sourire à son mari en lui rappelant leurs souvenirs de Vienne et en lui disant qu'ils en revivront bientôt d'autres dans leur ville. Mais Zweig qui a vingt-cinq ans de plus que son épouse est hanté par la vieillesse, les actes des nazis (notamment le fait que ses livres ont été brûlés), et les fantômes de ses amis.

La BD est adapté du livre du même titre de Laurent Seksik. Le texte concis exprime très bien les sentiments de désespoir et de mémoire de Zweig. Les dessins aquarellés majoritairement dans des nuances de ocre-terre et bleus l'appuient très bien.

J'adore Zweig et cette bande dessinée ne pouvait donc pas me laisser indifférente. J'ignorais le parallèle entre les vies de Zweig et celle de Kleist (dont il a écrit une biographie) - très intéressant. A lire !

Laurent Seksik (né en 1962) est médecin et écrivain. Il a publié plusieurs romans et une biographie d'Einstein.

Guillaume Sorel (né en 1966) a étudié l'architecture et les beaux-arts. Il a publié plusieurs bande dessinées, notamment Mother (2000)

(éd. Casterman, 2012, 87 p.)


Commentaires

Karine:) a dit…
J'ai beaucoup aimé aussi, autant l'adaptation du roman que les dessins. On sent tout le désespoir du personnage...
Tête de lecture a dit…
Je ne suis pas particulièrement fan de Zweig, par contre, le graphisme de Sorel me plait bien.
Lewerentz S a dit…
Karine: tout à fait d'accord avec toi.

Ys: oui, le graphisme est très beau. Quel(s) texte(s) de Zweig as-tu lu ?
Lewerentz S a dit…
Theoma : ta remarque est très pertinente et juste. J'ai d'ailleurs un peu regretté que cela ne soit pas plus approfondi - mais je suppose que cela restera un mystère.
Fanny a dit…
Cette BD me tente beaucoup. Ta chronique me donne bien envie de m'y plonger!