Le miroir - Arthur Miller

New York, 1938. Sylvia Gellburg souffre d’une inexplicable paralysie des jambes. Ni son mari Philip ni sa sœur Hariet ne peuvent l’expliquer. Seul son médecin, Harry Hyman, semble en entrevoir les causes : Sylvia est très affectée par les événements contre les juifs qui se déroulent en Allemagne et elle semble les reporter sur sa propre histoire de couple. En effet, son mari est juif mais ne s’accepte pas comme tel même s’il se sent juif. Après leur mariage et la naissance de leur fils, il a refusé que son épouse reprenne son travail de comptable, ce qui a beaucoup pesé à Sylvia qui était douée. Leur relation sexuelle s’avère aussi peu à peu insatisfaisante et tous ces éléments, ces non-dits semblent être la cause de la paralysie de Sylvia.

J’avais vu, il y longtemps, une représentation de Mort d’un commis-voyageur mais, je l’avoue, c’est la première fois que je lisais Miller. Mieux vaut tard que jamais, d’autant que j’ai adoré cette pièce qui parle du problème de l’identité – juive dans ce cas mais qui est transposable à toutes les identités. De la difficulté à s’accepter tel que l’on est, du poids des traditions quelles soient culturelles, religieuses ou familiales, de l’exclusion et des dangers auxquels elle peut mener (nazisme dans le cas de la pièce, parano, etc.), de manipulation, des répercussions du passé sur notre présent et potentiellement notre futur.

La pièce a été créée en 1994 et même si elle fait référence à des événements du passé, elle est tout à fait d’actualité.

Assurément un auteur que je relirai !


Arthur Miller (1915-2005) est né à New York dans une famille juive polonaise. Mauvais élève, il travaille d’abord en usine puis étudie le journalisme et le théâtre. Sa première pièce date de 1936 et il rencontre il vif succès avec Mort d’un commis-voyageur (Prix Pulitzer 1949), Les sorcières de Salem (1953), Vu du pont (1955) ou encore Après la chute(1964). Il a aussi écrit des nouvelles, des romans et des scénarios de films, ainsi que ses mémoires. Selon Christiane Desafy-Grignard, ses écrits mêlent psychanalyse et judéité. 

(éd. L’avant-scène théâtre, 2005)
(photo auteur : site Internet The Telegraph)

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