Manazuru - Hiromi Kawakami

Manazuru



Depuis la mystérieuse disparition de son mari, une douzaine d’années auparavant, Kei vit avec sa fille Momo et sa mère à Tokyo. Un jour, sur une impulsion, elle prend le train pour Manazuru, une station balnéaire. Cette ville est plusieurs fois citée par son mari dans son journal intime. Kei y touvera-t-elle une réponse quant à son époux ? Au gré de ses promenades dans les environs, elle sent la présence, l’ombre d’une femme qui la suit partout et avec laquelle elle dialogue intérieurement.

Présenté ainsi, mon résumé pourrait faire croire qu’il s’agit d’un roman policier ou d’un thriller. Il n’en est rien, même si parfois l’atmosphère devient lourde, étouffante comme un ciel qui s’assombrit avant l’orage. Kei a un amant, Seiji, depuis plusieurs années mais elle n’a pourtant jamais oublié "l’absent" qui continue a planer sur sa vie.

Kei semble à l’arrêt dans sa vie ; elle perd peu à peu ses repères : Rei, son mari l’a-t-il quitté pour une autre ? est-il parti vers une autre vie ? a-t-il eu un accident ? sa mère vieillit, sa fille grandit (elle est adolescente), son amant est marié et père de famille, et Kei se cherche au milieu de tout cela. Au milieu du monde qui continue à vivre autour d’elle.

J’ai beaucoup aimé la poésie du texte (décidément une constante chez les auteurs japonais) et le passage décrivant une marche sous la pluie, entre mer et forêt. Beaucoup aimé aussi les petites descriptions du quotidien des trois femmes.

Toutefois, j’avoue que l’ensemble m’a semblé parfois un poil longuet. Peut-être est-ce une simple frustration de sentir dès le début qu’il n’y aura pas de chute, qu’on ne saura pas ce qui est arrivé à Rei ?

Un bilan en demi-teinte donc, mais une lecture qui reste fort recommandable.



Hiromi Kawakami est née en 1958 à Tokyo et a étudié la biologie à l’université pour femmes de Ochanomizu. Sa première nouvelle paraît en 1994. Depuis, elle a remporté plusieurs prix importants au Japon. Parmi ses autres titres traduits en français : Les années douces (2003) et Abandons, un recueil de nouvelles.

(éd. Philippe Picquier, 2009)
(photo auteur : www.shunkin.net, un site consacré à la littérature japonaise)
(photos Manazuru : www.japan-i.jp)

Commentaires

Lucie P. a dit…
Cela me fait penser au film "In the mood for love" où l'on ne verra jamais les époux des deux protagonistes et où l'on ne saura pas non plus ce qui c'est réellement passé entre ces deux derniers. Le non-dit, le silence...
lewerentz a dit…
Bonjour Lucie,
Ah oui, tiens, c'est vrai, je n'avais pas pensé à ce film mais votre remarque est pertinente. Merci de votre visite et bravo pour votre blog (dans quelle région d'Allemagne vivez-vous ?)
Catherine a dit…
Je ne connais pas du tout cette auteur.
Tu ne participes pas au challenge In the mood for Japan ?
Golovine a dit…
Comme je suis sans arrêt en gerre avevc les noms et prénoms des auteurs japonais, je ne sais pas si ce livre que tu commentes, je l'ai lu. Peut-être bien, mais il ne me revient pas. Je vâis de ce pas sortir ole dernier japonais lu pour vérifier. Tes chroniques japonaises sont toujours très bien. On voit que tu t'en délectes. Je donnerai des nouvelles pour le premier mars. A priori, ça devrait bicher !
Amitiés et gros gros bisous. J'espère que tu vas bien et que tu as repris du poil de lqa bête. Mille amitiés.