Mademoiselle Else - Arthur Schnitzler

Tout d'abord, je dois remercier Cécile qui m’a offert ce roman qu’elle avait en double exemplaire, et je vous encourage à aller lire son commentaire sur ce texte  :-)



C’est le second texte que je lis de Schnitzler après Mourir, et j’ai une fois de plus beaucoup aimé. Il y a un certain nombre de thèmes communs aux deux livres mais le style narratif est assez différent. Mourir est plus "conventionnel", alors que cette nouvelle est comme un long monologue intérieur qui déroule de manière ininterrompue les pensées d’Else, une jeune Viennoise de 19 ans qui, pour sauver ses parents de la ruine, accepte de se montrer nue à un marchand d’art.

Tout le texte repose sur ses pensées d’abord révoltées, angoissées, hésitantes, parfois contradictoires, parfois confuses, puis troublées par des désirs qu’elle n’osait pas s’avouer auparavant ; elle si jolie, si désirable. Elle aime son père, bien sûr, mais doit-elle pour autant se déshonorer, s’humilier ? Son père irait-il jusqu’au suicide si elle n’arrive pas à l’aider ? Peu à peu, la jeune fille perd pied et délire, jusqu’à la mort.

Personnellement, j’aime beaucoup les textes dans le style de celui-ci ; ces récits qui décrivent les tergiversations et dilemmes d’une âme humaine. Une technique que maîtrisent aussi Virginia Woolf ou Henry James, entre autres. Ce texte de Schnitzler m’a donc beaucoup plus. Et si le récit ne se déroule pas à Vienne mais dans une petite station de villégiature italienne, on sent clairement l’ambiance "Vienne 1900" que je trouve passionnante et qui a mélangé culture, science, nouveautés et décadence. J’ai donc aussi parfois pensé à Freud – dont Schnitzler était l’ami.



Le texte a été publié en 1924 et est encore très moderne, le style n’est pas du tout vieilli.



(éd. Stock, 1986)
(photo auteur : Ferdinand Schmutzer, 1870-1928, site wikipédia, domaine public)


Commentaires

Cecile a dit…
Je suis conte que vus ayez aimé. Cela me fait plaisir. J'ai laissé mes deux volumes de Schnitzler à la maison (pourtant j'aimerais bien relire le texte).
Karine:) a dit…
Je l'ai aussi vraiment beaucoup aimé, ce texte. Ca a été un coup de coeur pour moi, j'ai été emportée par ce monologue! Et je veux lire Vienne au crépuscule, de Schnitzler, depuis!
Manu a dit…
Je me suis offerte "Double rêve" de cet auteur. Je suis intriguée.
lewerentz a dit…
Karine et Manu : je ne connais pas les textes dont vous parler mais il est clair que c'est un auteur que je relirai. Bonnes lectures à vous !
Sabbio a dit…
Et bien je note immédiatement dans ma LAL! Comme toi j'aime ce genre de textes.
Ys a dit…
En matière de tergiversations et d'âme humaine, j'ai lu "Le loup des steppes" il n'y a pas si longtemps (pour rester dans les germanophones). C'est un texte très fort.
lewerentz a dit…
Sabbio: merci de ta visite et bravo pour tes blogs ! A bientôt :-)

Ys: Hesse est aussi un auteur que j'aime beaucoup - enfin le peu de textes que j'ai lu de lui. Tu me donnes d'ailleurs envie de le relire. Merci de ta visite, bravo pour ton blog et à bientôt :-)
Mango a dit…
Beaucoup aimé ce texte aussi pourtant découvert dans le cadre peu sympathique d'un concours mais j'avais eu la bonne surprise alors de beaucoup m'attacher à ce récit.